26 octobre 2010

Un peu d'Histoire

Le NEGRO SPIRITUAL ou NEGRO-SPIRITUAL est une musique orale : vocale et sacrée, de création spontanée, populaire. Ses poètes sont des anonymes, sans origine géographique très précise.
Il est né aux Etats-Unis d'Amérique (dans quelques états esclavagistes du sud) au 18ème siècle.
On considère que ses chants a capella, en langue anglaise, représentent la première manifestation musicale organisée de la communauté noire américaine.

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Il nous plonge dans l'atmosphère de la période d'Esclavage (avec les Homeless et leurs négriers) et la vie des noirs dans les plantations de coton en Louisiane, à travers des chants tels que :

Down by the river
I've been buked and I've been scorned

Just keep the dream
Someday
Soon and very soon
Wade in the water

...

Puis nous allons sentir l'atmosphère dans les églises Noires Américaines avec :

A little more faith in Jesus
Anchor in the Lord
Angels waiting at the door
Blow, Gabriel, blow
Gabriel
Go down Moses (Let's my people go)
God shall wipe all tears away
Going to shout all over God's heaven
Good news
Hallelujah
He got better things for you
He's got His eyes on you
I'm free at last
I've heard of a city called Heaven
In that great getting-up morning
In the river of Jordan
Jericho
Jerusalem
Joshua fit the battle of Jericho
Judgment will find you so
Keep a-moving
Lay down
Let the church roll on
Let Your light shine on me
Little David
Lord's prayer
Mary and Martha
Mary don't you weep
Mary had a baby
May the Lord
Memphis flu
Mickael rows the boat
Mother's children have a hard time
Need of prayer
Nobody knows the trouble I see, Lord
Nobody knows the trouble I've seen
Nkosi sikélé
No hiding place
O redeemed
Oh! holy Lord
Oh, my Lord
Old man river
Old ship of Zion
Praise the Lord

Old time religion
Ride on, King Jesus
Roll, Jordan, roll
Run to Jesus
Save me, Lord, save
Send one angel down
Shake mother's hand for me
Sometimes I feel
Steal away
Sweet Canaan
Swing low, sweet chariot
Tell me what kind of man Jesus is
The gospel train
The prodigal son
The sun didn't shine
The valley of time
Then we'll need that true religion
There is a balm in Gilead
This old time religion
Thou carest Lord, for me
True friendship
Twelve gates to the city
Way over Jordan
We are climbing the hills of Zion
When I stand before the King
When Moses smote the water
When the saints go marching in
Wrestling Jacob
You see the sign of Judgement
Zion's children

etc ...

Ce type de musique sera à l'origine du mouvement GOSPEL à partir de 1930.

Ligne_Music_11_fond_bleu__fix_BL_ ORIGINE Ligne_Music_11_fond_bleu__fix_BL_

Le negro spiritual naît de la rencontre de pratiques et de modes musicaux africains très diversifiés et d'une culture européenne également importée (ballades, chansons populaires, airs de danse, musique religieuse, psaumes et hymnes). L'évangélisation des esclaves par des missionnaires ouvre des perspectives nouvelles. L'enseignement qui leur est donné de la Bible, le plus souvent oralement, leur offre une mine de textes (psaumes et cantiques chrétiens), d'images, de figures héroïques populaires, de symboliques immédiatement assimilables parce qu'en adéquation avec une situation vécue.
Les chants sont souvent créés sur un modèle de questions, réponses : a capella, un chanteur principal chantait la mélodie, les autres reprenaient en choeur le refrain.

Le chant, profane ou sacré, est une pratique quotidienne sur les plantations du sud, il accompagne les divers travaux de la journée, tout comme il les accompagnait déjà en Afrique : ballades populaires, chansons sentimentales, chants de travail (work songs). Des chants spirituels sont également pratiqués lors des camps meetings (grands rassemblements de ferveur populaire apparus à la faveur du second réveil religieux méthodiste) au début du 19ème siècle. La présence de chants religieux noirs est attestée en 1819 dans un texte de John F. Watson qui en critique les excès liés à des comportements d'origine africaine surtout au niveau de la gestique (pas de danse, mouvements du corps) et de la rythmique (battement des pieds).
La pratique du chant correspond à plusieurs nécessités, son rôle étant à la fois psychologique et social. Exutoires, en permettant une extériorisation des peines et des souffrances, les negro spirituals ont souvent été qualifiés de "sorrow songs" (ou chants de tristesse), ce qu'ils sont souvent («I've been buked and I've been scorned») mais pas exclusivement, nombre d'entre eux étant au contraire construits sur des textes d'espoir, des mélodies joyeuses («Going to shout all over God's heaven»). La thématique religieuse chrétienne offre une grande variété de textes, d'images facilement assimilables et adaptables aux circonstances particulières de l'esclavage, et propres à redonner courage et confiance en l'avénement de conditions de vie meilleures («In that great getting-up morning»).
Création collective, le negro spiritual est fédérateur; il est la réinvention d'une culture unique, d'un langage original à partir de cultures africaines fragmentées, mais il garde une diversité. A travers 6000 chants, dont certains ne subsistent que sous forme de fragments, ils offrent le nombreuses variantes de textes, et d'importantes différences mélodiques en fonction des origines géographiques de leur élaboration (plantation, comté, état). De nos jours, il est difficile de rencontrer des textes littéraires ou mélodiques rigoureusement identiques, car à travers de nombreuses transcriptions et codifications cette oeuvre collective a été petit à petit façonnée par les "griots" de la communauté (griot = homme de la caste des poètes musiciens d'Afrique Occidentale, conteur itinérant qui transmet la tradition par voie orale, d'une génération à l'autre).
Le negro spiritual a également l'important rôle d'outil de communication, au travers d'un langage codifié, compréhensible entre groupes d'esclaves. La pratique de tel ou tel chant peut être dictée par une circonstance particulière : rassemblement nocturne, de nature religieuse ou non («Steal away»), évasion prévue («Swing low, sweet chariot»), recommandation («Wade in the water»)... C'est tout un code, entendu par l'initié, qui s'élabore au-delà de la lettre des images bibliques et religieuses.

Ligne_Music_11_fond_bleu__fix_BL_ COLLECTAGE & PREMIÈRES TRANSCRIPTIONS Ligne_Music_11_fond_bleu__fix_BL_

•  Etant de tradition orale, au début, le negro spiritual va se propager lentement dans les états du sud, et infiltrer assez peu les autres régions du pays.
Dans ces dernières, le portrait musical généralement diffusé des africains-américains est celui des blackface minstrels : ce sont des comédiens blancs aux visages noircis au bouchon, qui caricaturent les noirs en apparaissant sur scène comme des êtres primitifs, superstitieux, incultes. En effet, dans une société qui méprise ces êtres noirs et ne leur reconnaît aucune existence humaine, il n'est pas question d'exhalter des qualités artistiques ou créatrices qui laisseraient transparaître la présence d'une quelconque âme.
Il faudra quelque temps encore pour que cette "soul" de la communauté noire soit enfin reconnue. Cependant, certains aspects de l'art musical africain-américain se retrouvent dans les oeuvres de quelques compositeurs blancs, tels L.M. Gottschalk («The banjo») ou Stephen Foster avec ses ballades sentimentales et ses plantation songs («Old black Joe», «Campton races»).
Certains récits de voyages dans le sud des Etats-Unis aux 18ème et 19ème siècles font état de chants d'esclaves d'une beauté prenante, et en soulignent déjà l'intérêt et la grandeur. Mais rien n'est fait alors pour en transcrire les textes et les mélodies, pour les conserver ou pour les diffuser. Un de ces voyageurs, un nordiste du nom de Thomas Wentworth Higginson, écrit à la fin des années 1860 qu'il connaissait ces chants depuis bien longtemps, qu'il les avait entendus en Caroline du Sud bien avant la Guerre Civile. Pour John Work (membre directeur des Fisk Jubilee Singers, et musicologue) ces chants sont entièrement constitués avant 1800.
•  Il faut attendre les années 1860 pour voir apparaître les premières transcriptions. C'est le chant «Go down, Moses» qui est tout d'abord publié dans le "New York Tribune" en 1861. Puis la toute première collection de spirituals "Slave songs of the United States" en 1867; le collectage et la transcription des chants recueillis sont assurés par William Francis Allen (professeur à l'Université du Wisconsin), Charles Pickard Ware, et Lucy McKim Garrison. La publication de cet ouvrage, et celle d'un article de Thomas W. Higginson dans le "Atlantic Monthly" pratiquement à la même époque, marquent la toute première étape de la diffusion des negro spirituals hors des états du sud des Etats-Unis.

Ligne_Music_11_fond_bleu__fix_BL_ LES PREMIERS INTERPRÈTES Ligne_Music_11_fond_bleu__fix_BL_

•  Malgré les publications ci-dessus évoquées, le negro spiritual aurait pu disparaître au sortir de la Guerre de Sécession ou Guerre Civile américaine (dite "Civil War" aux USA du 12 avril 1861 au 9 avril 1865), après l'émancipation des esclaves (1863) qui ne tiennent pas à conserver un patrimoine culturel directement lié à une condition de servilité dont ils viennent de s'extraire.
Par exemple, la chorale des étudiants de la Howard University de Washington a pendant longtemps refusé de chanter les negro spirituals. Cette honte, qui se retrouve dans de nombreuses communautés noires africaines-américaines, a été mise en évidence dans le film "The Vernon Johns story" (Kenneth Fink, USA, 1993) situé vers le milieu des années 50 : dans une église de Montgomery, la pianiste refuse d'interpréter le spiritual pourtant libératoire «Go down, Moses», comme le demande le nouveau pasteur de la congrégation, ce style ancien rappelant trop à ces descendants d'esclaves les conditions de vie dégradantes d'un passé encore très proche.
Poutant, dans l'immédiat après-guerre, les negro spirituals trouvent d'acharnés défenseurs parmi lesquels les Fisk Jubilee Singers (Université de Nashville, Tennessee), l'histoire de ces chanteurs et de cette université étant exemplaire.

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Voici quelques liens vers des sites source de cet article, ou traitant de ce style de musique :

Wikipedia ...Internet_Explorer_bleu_soutenu__fix; La Plantation - Gospel & Negro spiritual ...Internet_Explorer_bleu_soutenu__fix; Le groupe NNAM ...Internet_Explorer_bleu_soutenu__fix;
Frémeaux & associés [François-Xavier Moulé]...Internet_Explorer_bleu_soutenu__fix; PianoWeb ...Internet_Explorer_bleu_soutenu__fix;
Jean-Christian Michel ...Internet_Explorer_bleu_soutenu__fix; MySpace de Sonya Pinçon ...Internet_Explorer_bleu_soutenu__fix;
CD (& livre) "Histoire du Negro spiritual et du gospel" ...Internet_Explorer_bleu_soutenu__fix; Univers de la Bible ...Internet_Explorer_bleu_soutenu__fix .

Article créé le 22 juin 2009 (17:25)



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